Infos du président

LA PLACE DE LA MEDECINE SPECIALISEE LIBERALE DANS LE PARCOURS DE SOINS

Au moment où s’ouvre une négociation sur une meilleure prise en charge des patients par les professionnels de santé dans le secteur ambulatoire, il est important de rappeler la place de la médecine spécialisée de proximité dans le cadre du premier recours mais, aussi, au niveau du rôle de médecin correspondant consultant et dans la permanence des soins.

LES PRATIQUES COOPERATIVES INTERPROFESSIONNELLES FACE AU MEDECIN REFERENT « GATEKEEPER ».

L’UNPS représente légitimement, de par la loi, l’ensemble des professionnels de santé libéraux et a élu, à une large majorité au mois de juillet dernier, un Bureau qui a en charge de négocier la mise en place de nouveaux modes de rémunération pour assurer une meilleure coordination des soins dans le secteur libéral. Bien que largement minoritaires, nous avons convié les syndicats minoritaires, rassemblés autour de MG France, à une réflexion commune pour mettre en place un front uni face à l’Assurance Maladie.

MES SOUHAITS POUR l’U.ME.SPE.

2014 sera l’année du changement pour l’U.ME.SPE. avec un nouveau Bureau, un nouveau Président qui seront, comme par le passé,  les moteurs de la médecine spécialisée au sein de la CSMF. Je souhaite que ce changement se fasse dans la continuité de l’action que nous avons menée au cours de ces douze dernières années, qui a permis la reconnaissance du rôle de consultant (notre C2 !), important pour tous nos actes cliniques mais, aussi, d’avoir préservé, dans des conditions souvent difficiles, l’essentiel de la reconnaissance financière, à travers tous nos actes de la CCAM technique, avec des déceptions, bien sûr, liées à des décisions économiquement injustes avec un bilan globalement positif, malgré les aprioris financiers faux des ministres du budget, droite et gauche confondues, pour suivre ainsi le combat qui avait été initié par Christian LE GOFF et Claude MAFFIOLI, en 2001, face à la publication d’une hiérarchisation présentant de grandes injustices.

MES VŒUX POUR L’U.ME.SPE.

Le Comité Directeur du 15 décembre 2013 constituait une étape importante de ma carrière syndicale puisque je présidais, pour la dernière fois, ce Comité Directeur après huit ans au secrétariat général, puis douze ans à la présidence. Vingt ans, au service de la médecine spécialisée libérale avec les difficultés de la fonction, les décisions difficiles, les erreurs qu’il faut assumer, la négociation auprès de Michel CHASSANG de deux conventions médicales et d’un nombre incalculable d’avenants.

L’INTEGRATION DES SPECIALITES CLINIQUES DANS LE PARCOURS DE SOINS

Au moment où va s’ouvrir une négociation mettant en place de nouvelles conditions de prise en charge des patients atteints de pathologies chroniques, en ville, il est important qu’au delà du rôle pivot de chef d’orchestre du médecin traitant, l’ensemble des professionnels de santé libéraux soient reconnus dans le rôle qu’ils exercent déjà actuellement. Les grands oubliés des discours ministériels et de l’organisation des soins par la DGOS restent les médecins exerçant une spécialité clinique de proximité.

MPC – MAJORATION DE PRATIQUE CLINIQUE (MAJORATION FORFAITAIRE TRANSITOIRE) : LA VERITE HISTORIQUE

La CSMF a imposé, après plusieurs mois de revendications, au 01/07 2002 le C à 20 euros et le V à 30 euros alors, qu’à l’époque, le syndicat MG France avait accepté une augmentation de quelques centimes d’euros. La CSMF a réussi la négociation en remettant au cœur du dispositif la notion de parcours de soins avec le rôle du médecin traitant, ceux du correspondant, du consultant et certains accès spécifiques.

AMELIORER LE CONTRAT D’ACCES AUX SOINS

La mise en place, au 1er décembre 2013, du contrat d’accès aux soins est incontestablement un succès pour l’U.ME.SPE/CSMF. A travers ce contrat, nous avons repris le projet de secteur optionnel, développé par la CSMF dès 1991, qui avait fait l’objet d’un accord en 2009 et repoussé par Roselyne BACHELOT ; il entre enfin en vigueur pour toutes les spécialités alors que le secteur optionnel était initialement limité aux plateaux techniques.

PRISE EN CHARGE DES PATHOLOGIES CHRONIQUES EN AMBULATOIRE : EFFICACITE ET REELLE COOPERATION

Il existe, depuis plusieurs années, une volonté politique réelle de faire prendre en charge les patients atteints de pathologies chroniques dans le cadre de la médecine ambulatoire en réorganisant le parcours de soins, en facilitant son accès et en utilisant, d’une manière coordonnée, l’ensemble des ressources liées aux professions médicales et paramédicales dans le monde libéral. Tous les acteurs approuvent cette philosophie qui a été renforcée par la loi au cours des derniers plans de financement de l’Assurance Maladie.

STRUCTURER LE DEUXIEME RECOURS : L’AUTRE PILIER DE LA MEDECINE AMBULATOIRE DE PROXIMITE

La médecine spécialisée et, plus généralement, le second recours dans le parcours de soins sont les grands oubliés de toutes les stratégies nationales de santé. Après la mise en place du médecin traitant et son corollaire le médecin correspondant, à partir des Etats Généraux mis en place par Roselyne BACHELOT, tous se sont focalisés uniquement sur la médecine de premier recours et, plus particulièrement, la problématique des déserts médicaux.  C’est un oubli tenace, les déserts médicaux concernent, bien sûr, les médecins traitants spécialistes en médecine générale mais, également, leurs correspondants indispensables pour éviter les hospitalisations inutiles, sans compter que les structures hospitalières de proximité sont, elles aussi, désertifiées par les médecins et occupées, souvent, par des médecins étrangers aux diplômes non reconnus par le Conseil de l’Ordre.

LA POLITIQUE SYNDICALE AU JOUR LE JOUR

Tous ceux qui ont l’expérience des négociations syndicales savent que le grand jour, le grand soir ou le grand chambardement n’existent que dans la pensée de ceux qui n’ont aucune expérience dans ce domaine.

Dans le cadre de l’U.ME.SPE./CSMF, nous savons que c’est, d’une part, le travail de fond fait par notre Bureau, notre comité directeur, nos commissions, qui permet de préparer en amont les dossiers pour les futures négociations ; d’autre part, faire entre nous nos arbitrages pour arriver unis face aux politiques et à l’Assurance Maladie. Tous ceux qui ont voulu jouer la carte corporatiste d’une spécialité ont, parfois, obtenu des succès limités pour se retrouver isolés à la merci des dictats des caisses ou des politiques. Nous ne prendrons aucun exemple, certains se reconnaitront dans l’échec de leur demande, pourtant souvent légitime, depuis près de vingt ans.

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