Vote de la loi de santé Ou comment le Gouvernement organise le pillage des médecins spécialistes de proximité au profit des finances de l’hôpital public.

Au lendemain d’un simulacre de vote à l’Assemblée Nationale sur le projet de Loi de modernisation de notre système de santé, l’U.ME.SPE./CSMF, l’Union Nationale des Médecins Spécialistes Confédérés, tient à rappeler sa ferme opposition à ce texte et appelle les 60.000 médecins spécialistes à se joindre à l’acte de « désobéissance civile » quant à l’application du tiers payant généralisé.

Enfin, l’U.ME.SPE./CSMF s’insurge face à l’incohérence totale du texte de la Ministre de la Santé, voulue par le Président de la République, consistant à faire croire à la mise en place d’une organisation de santé de proximité en omettant sciemment d’y intégrer les médecins spécialistes, au profit de l’Hôpital Public.
  
L’objectif du Gouvernement est bien de piller les médecins spécialistes de proximité pour renflouer les caisses de l’Hôpital Public… Tout cela au détriment du patient.
Par le rejet des amendements sur la place des médecins spécialistes dans l’organisation des soins de proximité, le gouvernement vient d’installer le « gate kipper ». L’U.ME.SPE./CSMF conteste la mise en place d’une organisation de proximité au travers du prisme d’une prise en charge organisée et structurée par les équipes de soins primaires. Par cette mesure, le gouvernement montre bien sa volonté de rendre la médecine spécialisée libérale de proximité moribonde pour la réintégrer dans les établissements de soins publics et, ainsi, en gérer l’accès et la pénurie.

L’U.ME.SPE./CSMF ne pourra que s’opposer à ce type de modèle obsolète et inefficace.

Un objectif pour le Gouvernement Valls : « Faire du système de santé un business au sein duquel l’Etat se rend coupable d’abus de position dominante »

Pour l’U.ME.SPE./CSMF et ses 60.000 médecins spécialistes, la situation est de plus en plus alarmante et il est désormais de sa responsabilité, en tant que syndicat, d’informer l’opinion du démantèlement de la médecine de spécialité qui est, aujourd’hui, l’atout majeur d’un système de santé performant. Plusieurs prises de position de l’Etat permettent clairement à chacun de comprendre l’ambition du Gouvernement Valls quant à sa volonté de considérer les patients comme des clients et le système de santé comme un business :
 
• Pourquoi ne permettre qu’au seul secteur public la possibilité des compléments d’honoraires dans le cadre du service public hospitalier ?
• Pourquoi refuser la transparence quant à l’obtention des autorisations d’activité et de matériel lourd sur des éléments de qualité et de sécurité des soins, indispensable à l’équité de traitement des acteurs de soins ?
• Pourquoi mettre en place des infirmières cliniciennes et autoriser les professionnels paramédicaux à procéder à des prescriptions et à des renouvellements de prescription, notamment en urgence ?

L’U.ME.SPE./CSMF s’opposera au démantèlement de la médecine de spécialité qui est aujourd’hui l’atout majeur d’un système de santé performant.
Le syndicat demande donc, dans un premier temps, à tous les médecins spécialistes du secteur public et privé, de lancer une alerte nationale auprès de leurs représentants et parlementaires concernant le risque que le gouvernement fait prendre à tous les Français quant à la qualité et à la sécurité du futur système de santé.

Dr. Patrick GASSER
Président