Triplement de la dette des hôpitaux : l’U.ME.SPE.-CSMF dénonce une situation digne de la Grèce

Le rapport de la Cour des comptes sur la dette des établissements publics de santé montre un emballement de la dette hospitalière, qui a triplé en 10 ans, pour atteindre un montant de près de 29,3 milliards d’euros fin 2012, ce qui représente 1,4 % du PIB.

L’U.ME.SPE.-CSMF considère que cette situation est tellement grave qu’elle est comparable à celle d’un pays comme la Grèce. Le train de vie actuel des établissements publics est au-dessus des moyens de nos finances publiques.

Comme la Cour des comptes, l’U.ME.SPE.-CSMF estime que le désendettement de l’hôpital public ne peut passer que par des réformes structurelles avec une réduction des lits inutiles, et le transfert vers la ville des activités qui ne justifient pas ou plus d’être effectuées en milieu hospitalier. C’est notamment le cas de la chirurgie ambulatoire qu’il faut développer, c’est aussi le maintien à domicile qu’il faut organiser pour éviter les hospitalisations qui peuvent l’être, c’est, enfin, une meilleure gestion des sorties d’hospitalisation, de plus en plus précoces, pour éviter les décompensations et les ré-hospitalisations.

C’est pourquoi l’U.ME.SPE.-CSMF demande plus que jamais au gouvernement de favoriser le développement massif de la chirurgie ambulatoire et de s’appuyer sur la médecine spécialisée libérale pour engager la réforme qui s’impose dans notre pays. D’ailleurs, les chiffres publiés par le Comité d’alerte montrent que seule la médecine de ville libérale est en capacité de maîtriser ses dépenses mais, surtout, de permettre à l’Assurance Maladie de réaliser des économies supplémentaires : 1,05 milliard d’euros en 2013, après 825 millions d’euros en 2012.

Dans ce contexte, l’U.ME.SPE.-CSMF estime qu’il est impératif d’inclure les spécialistes libéraux dans les équipes de soins pluri-professionnelles qui se formeront dans le cadre de la réforme de l’organisation des soins définie dans la Stratégie nationale de santé. Leur rôle, aux côtés des médecins traitants et des autres professionnels libéraux de soins, est indispensable pour assurer le maintien à domicile et prévenir les hospitalisations en agissant de façon réactive et coordonnée.

Contrairement à ce que propose la FHF dans son plan d’économies, l’U.ME.SPE.-CSMF estime qu’il faut en finir avec l’hospitalocentrisme en instaurant une véritable équité, tant au niveau de la répartition des autorisations d’équipement que des lignes de gardes entre les structures publiques et privées. Il faut en finir avec les situations de monopole qui ont précipité les hôpitaux publics dans le gouffre.

C’est pourquoi, l’U.ME.SPE.-CSMF demande au gouvernement d’engager les réformes qui s’imposent, en permettant à la médecine spécialisée libérale de se moderniser et d’absorber les tâches transférées de l’hôpital, ce qui suppose un investissement massif et audacieux sur les soins de ville. Les médecins spécialistes libéraux sont prêts à relever ce défi.