Projet de loi Santé : l’U.ME.SPE. - CSMF oppose l’expertise spécialisée au démantèlement des spécialités

L’U.ME.SPE.-CSMF s’inquiète de la volonté de certaines organisations de vouloir s’approprier une partie des compétences et missions accomplies par d’autres.

L’U.ME.SPE.-CSMF constate que le projet de loi Santé, non seulement ignore la médecine spécialisée libérale mais, surtout, qu’il découpe les compétences de certaines spécialités pour les attribuer à d’autres, voire à des professionnels de santé non médecins.

L’U.ME.SPE.-CSMF rappelle que, dans le cadre du parcours de soins à côté du rôle légitime du médecin traitant, la place du médecin spécialiste libéral est indispensable dans les situations évidemment complexes mais, aussi, pour des avis d’expertise, dans la prise en charge de toutes les maladies chroniques, des gestes techniques et certains actes chirurgicaux réalisables en ambulatoire. Les spécialistes de proximité permettent par leur contribution des prescriptions plus efficientes. Ne pas intégrer le Médecin spécialiste dans les prises en charge du patient c’est créer volontairement une rupture de parcours de soins. Sans cette coordination médecine générale, médecine spécialisée, le pari de la chirurgie ambulatoire, de l’hospitalisation évitable et non justifiée, est perdu d’avance. Déjà, de nombreux pays, au travers de publications, le soulignent, ne faisons pas l’erreur qui aggravera encore les inégalités de prises en charge et les dépense de santé.

Aujourd’hui, l’expertise spécialisée est un atout à préserver pour l’efficience, la qualité et la performance de notre système de soins.

L’U.ME.SPE.-CSMF demande au gouvernement de ne pas céder aux demandes de ceux qui, sous prétexte de rationalisation du parcours de soins ou de transferts de compétences, conduiraient en réalité à un rationnement en excluant les médecins spécialistes libéraux de ce parcours, imitant ainsi le système britannique rejeté par la majorité des usagers.

L’U.ME.SPE.-CSMF appelle donc le gouvernement à renforcer la médecine libérale en reconnaissant la place du médecin spécialiste libéral dans le parcours de soins ambulatoire et dans les équipes pluri-professionnelles de soins, plutôt que de favoriser son démantèlement.

L’U.ME.SPE.-CSMF estime que le projet de loi Santé, en l’état, est donc incomplet et qu’il doit être enrichi d’un volet sur le renforcement de la médecine spécialisée libérale de proximité sans lequel l’édifice de la médecine de parcours sera imparfait et ne pourra remplir les objectifs qui lui sont assignés en matière d’efficience et d’hospitalisations évitables.

Puisque les rédacteurs du projet de loi semblent en panne d’inspiration sur ce sujet, l’U.ME.SPE.-CSMF leur adressera un ensemble de propositions concrètes à retenir dans ce texte.