POLITIQUE CONVENTIONNELLE ET CREDIBILITE SYNDICALE

La contractualisation conventionnelle est loin d’être parfaite avec des partenaires souvent inconstants et dont la fiabilité reste parfois aléatoire. Ceci d’autant plus qu’il s’agit toujours d’un « ménage à trois » avec intervention du gouvernement  quelle que soit sa couleur politique dans le cadre de la contractualisation, ce qui parfois sert à finaliser un contrat conventionnel mais peut également avoir l’effet inverse en bloquant notamment les revalorisations prévues dans les accords pour des raisons liées au budget de l’Assurance Maladie. Ceci est d’autant plus choquant que la médecine de ville a montré son efficacité en termes de maitrise médicalisée au cours des trois dernières années. La crise économique, dans ce cas, ne peut justifier le blocage permanent des honoraires. Mais la convention,  si elle n’est pas un régime parfait, reste, comme la démocratie, la moins mauvaise des solutions pour les médecins libéraux.

Chaque signature de convention ou d’un avenant nécessite, de la part de nos instances, un débat démocratique, en sachant que les objectifs initiaux dans le mandat donné aux négociateurs, n’est jamais atteint puisque, dans une négociation, les deux partenaires doivent faire des concessions. La responsabilité syndicale c’est bien sûr d’animer ce débat puis de se plier à la règle majoritaire pour aller de l’avant quitte à obtenir des aménagements à travers les instances conventionnelles. C’est la politique de la CSMF et de l’UMESPE, comme nous l’avons parfaitement démontré dans le cadre de l’avenant n°8, en ne nous laissant pas déstabiliser par des minorités plus agissantes dans les médias et les réseaux sociaux que dans l’activité de défense des médecins libéraux au quotidien. La politique du pire, la démagogie, n’a jamais été la ligne de conduite de notre centrale syndicale ; c’est ce qui fait sa crédibilité vis-à-vis des partenaires sociaux et du gouvernement. Ils reconnaissent notre pugnacité  dans les négociations mais, également, la possibilité que nous avons de tenir les engagements signés.

Au moment où les messages  parfois incohérents mais toujours allant à l’encontre des médecins libéraux sont diffusés, il faut une crédibilité syndicale par rapport aux engagements signés. L’attitude de la FMF issue des coordinations regroupant des médecins spécialistes à tentations  ultralibérales et un syndicat Espace généralistes plus orienté sur une médecine gatekeeper est un attelage manquant souvent de perspicacité et de cohérence. Les déclarations de leur président relève souvent de l’incantation, de la vindicte publique et n’apporte rien au débat syndical. Voir, dans les réunions conventionnelles et les commissions d’Appel Médecins, défendre l’indéfendable face à une extrême minorité de confrères ne respectant pas délibérément les règles conventionnelles, relève de l’inconscience. Si nous sommes bien placés pour défendre régulièrement les médecins ou les spécialités à travers  les comités paritaires locaux ou nationaux ou les instances de nomenclature, vouloir s’opposer systématiquement aura un effet inverse et peut conduire le gouvernement à légiférer notamment face aux menaces qui pèsent, depuis plusieurs années, sur le secteur 2. Il faut prendre conscience que le Conseil de l’Ordre, qui n’a pas fait preuve d’efficacité dans ce domaine au cours de ces vingt dernières années, a vu sa crédibilité réduite à néant et nous ne devons certainement pas suivre cet exemple.

La convention dans son ensemble, l’avenant n°8 avec ses revalorisations tarifaires mais, surtout, la mise en place d’un contrat d’accès aux soins sont des éléments positifs pour les médecins libéraux comme était, l’année dernière, la mise en place de la ROSP pour les médecins généralistes. Ceux qui s’étaient opposés ont eu tort. La réalité de la réalisation financière de ce contrat est une avancée financière, certes insuffisante mais positive pour les médecins généralistes ; les médecins spécialistes doivent pouvoir, le plus rapidement possible, en bénéficier quelle que soit leur spécialité et nous sommes sûrs que le contrat d’accès aux soins apportera pour les médecins du secteur 2 mais, également, pour les anciens chefs de clinique et assimilés, les améliorations tarifaires significatives dans un pays en crise et face au marasme économique.

Ne faisons pas de l’idéologie ou de la politique politicienne avec des postures électorales, restons à la défense au quotidien des médecins libéraux que nous représentons.