OSTEOPATHIE : LE DANGER DES PROFESSIONNELS N’AYANT NI LA QUALITE MEDICALE, NI LA QUALITE PARAMEDICALE

A l’opposé des pratiques coopératives interprofessionnelles que nous prônons, depuis plusieurs années, au sein de l’U.ME.SPE, de l’UNOF, de la CSMF mais, également, dans le cadre du CNPS et de l’UNPS, nous devons mettre en garde le gouvernement contre la politique, initiée par la Ministre Roselyne BACHELOT, de vouloir modifier les périmètres de nos métiers et les démédicaliser en faisant appel à des professions qui ne peuvent revendiquer ni la qualité médicale, ni  la qualité paramédicale. Il y a, en effet, une tendance sournoise de vouloir introduire dans le périmètre de la santé, ces professionnels qui sortent du champ de nos professions. L’exemple le plus récent est celui de l’ostéopathie. Il y a, actuellement, au  niveau du Ministère, une Commission de travail réunissant des ostéopathes formés en dehors des professions médicales ou paramédicales et qui veulent obtenir une reconnaissance et un champ de compétence qui nous semblent dangereux pour la santé publique. Ils sont issus de filières d’enseignement totalement étrangères aux filières que suit l’ensemble des professions médicales et paramédicales. Ils revendiquent des possibilités d’exercice élargies, notamment dans le domaine du diagnostic pour lequel ils ne sont pas formés.

Nous devons rester extrêmement vigilants, alerter les différents ordres qui participent aussi à cette concertation mais, également, mettre en garde nos confrères qui sont parfois sollicités par ces ostéopathes, ni médecins, ni paramédicaux, pour obtenir des prescriptions qui valideraient leurs pratiques mais engagent fortement le médecin qui les délivrerait.

L’exercice de la médecine reste un art difficile, il est impossible à des techniciens hyperspécialisés de prendre en compte la globalité de la problématique du patient telle que ceci est enseigné à la Faculté de Médecine ou dans les écoles professionnelles de l’ensemble des paramédicaux représentés à l’UNPS.

Notre vigilance ne doit pas se limiter à l’ostéopathie mais à l’ensemble des professions non médicales qui souhaitent s’investir dans le domaine de la santé, citons les optométristes en ophtalmologie et les psychothérapeutes dans celui de la santé mentale. L’Administration en voit certainement un bénéfice financier puisqu’ils ne sont pas pris en charge par l’Assurance Maladie et il faut mettre en garde les assurances complémentaires sur leur responsabilité de rembourser ces pratiques.

Les pratiques coopératives interprofessionnelles sont la seule réponse à une meilleure organisation des soins en ville. Elles méritent d’être soutenues et nous ne devons pas les laisser dévoyer par des intérêts particuliers qui, développés à grande échelle, mettraient en cause la qualité des soins.

Docteur Jean-François REY