NEWSLETTER - EDITORIAL du Dr. Patrick GASSER - Président

Newsletter   UN AVENIR POUR LA MEDECINE LIBERALE

Ce samedi, fin de la campagne, certains parmi vous vont être soulagés par l’arrêt des multiples sollicitations journalières qui embolisent les boites mails et qui nous ont parfois exaspérés.

Pourtant, ces élections, soient-elles professionnelles, sont importantes tout particulièrement cette année pour trois raisons toutes aussi importantes :

- La première, c’est l’impact des résultats sur l’avenir de la convention médicale qui est à bout de souffle. Pourra-t-on, demain, construire une nouvelle convention alors que l’on nous annonce un ONDAM en régression ? Exercer sans convention, certains l’on déjà vécu en 1997, a un impact financier réel, engendré par l’absence de prise en charge des charges sociales. C’est intolérable et à risque de faire exploser le contrat social.
Il est pourtant inenvisageable de penser qu’une nouvelle convention pourrait voir le jour aujourd’hui. La caisse et le gouvernement ne sont pas prêts à investir dans la médecine libérale, pourtant plus efficiente, par dogmatisme et par absence de courage politique.

Signer une nouvelle convention est indispensable mais pas sans moyens.

Concomitamment, la mise en place du tiers payant obligatoire nous rendra financièrement dépendants du payeur et installera insidieusement une maîtrise comptable. Il nous rendra dépendants de la gestion du patient en installant une médecine normative, une médecine de filière en lien avec les organismes complémentaires.

- La deuxième raison concerne le rôle et la place des URPS dans les régions. L’arrivée de supers ARS, omnipotentes et gestionnaires de toute la filière du soin et de la santé, risque d’étrangler la médecine libérale en installant une organisation hospitalo-centrée, l’hôpital gestionnaire de la région. Nous serons sous tutelle de l’hôpital public.
Nos représentants devront s’impliquer, être présents pour ne pas laisser les technocrates détricoter et dépouiller notre métier. L’URPS deviendra le rempart contre cette organisation.
- La troisième, et dernière raison, est fondamentale, c’est la nécessité de reconstruire un avenir au métier de médecin. Seuls les médecins peuvent être les garants, les maitres d’œuvre et les gestionnaires d’une évolution impérative de la profession. Les attaques contre le métier de médecin sont quotidiennes, l’Etat nous renvoie la responsabilité des dépenses, les para-médicaux souhaitent acquérir des compétences qu’ils n’ont pas pour améliorer leur condition d’exercice. Les ingénieurs, au travers de la technologie, seront les mécaniciens du corps, voudront-il devenir les médecins de demain ? Les nouveaux acteurs de l’internet (Google, Facebook, Amazon, Apple) ont, aujourd’hui, autour de la santé une réflexion commerciale. Ils souhaitent mettre en place des procédures d’accompagnement, de diagnostics et de traitement dans toutes les filières santé avec une préférence vers le soin, secteur dynamique, source, à terme, de profit et de pouvoir.

Trois enjeux majeurs avec un timing différent. L’aspect tarifaire est la priorité de la CSMF car il est indispensable pour répondre aux enjeux de la médecine libérale.
La campagne est rude, il est difficile de comprendre les alliances qui se font et défont en fonction des déclarations des uns et des autres. MG France qui s’acoquine avec le Bloc, deux syndicats pourtant à l’opposé, l’un à la botte de l’Etat, l’autre des syndicats de clinique. Un troisième en mal d’idées, un dernier ratissant tous azimuts recherchant l’appui de paramédicaux et autres professionnels en tous genres.
Tout, sauf de la rigueur et de la réflexion ! Des projets à court terme et purement électoraux.

Pour la nouvelle équipe de la CSMF, l’avenir est dans le collectif, au travers de la mise en place d’entreprises libérales de soins capables d’accompagner et d’être responsables de la gestion d’une population, sans modèle unique.

La CSMF s’engage, au travers d’un programme clair et réaliste, pour un avenir de la médecine libérale.

Votez CSMF, c’est préserver l’avenir du métier au travers d’une prospective construite et partagée par tous les médecins en exercice mais, aussi, pour la jeune génération.