LEURS PAROLES, NOS ACTES

La Commission des comptes de l’Assurance Maladie s’est réunie pour constater que l’ONDAM de l’année 2013 serait respecté avec toujours des économies continues de la médecine de ville. A noter, pour la première année, que l’ONDAM de ville et l’ONDAM hospitalier ont la même valeur ce qui, d’ailleurs, n’est pas totalement vrai puisqu’une partie des malades hospitalisés dans le cadre de pathologies chroniques vont être pris en charge en médecine libérale. Il faut donc mettre en place, dans les années futures, un ONDAM asymétrique correspondant à l’augmentation des missions demandées aux médecins libéraux. Mais au delà de ces chiffres, c’est le moment pour chacun de se positionner en paroles ou en actes :

Paroles : l’accès aux soins est remis en cause par les dépassements médicaux, l’avenant n°8 n’est pas mis en place, il faut donc que le législateur reprenne la main.

Actes : la CSMF rappelle la lenteur de réactivité de l’Assurance Maladie, d’ailleurs reconnue par son Directeur, mais qu’un mouvement significatif est déjà réalisé, à titre d’exemple, les Alpes-Maritimes, département comportant de nombreux médecins secteur 2 avec des dépassements significatifs a déjà atteint son objectif avec 1 mois d’avance ; nous ne doutons pas que le contrat d’accès aux soins sera mis en place avant la date du 30 septembre.

-  Paroles : la pertinence des actes nécessite des mesures contraignantes vis-à-vis des professionnels, trop d’actes inutiles pénalisent notre système de soins.

Actes : la CSMF a rappelé que c’est la médecine libérale et la convention qui ont mis en place des Accords de Bon Usage des Soins et des Rémunérations sur Objectifs de Santé Publique pour les médecins traitants, pour les cardiologues, prochainement pour les hépato-gastroentérologues, les pédiatres et les endocrinologues. Nous demandons l’accélération de ce processus.

Nous avons également profité de cette Commission pour rappeler que nous avons mis en place, dès la convention de 2005, la maîtrise médicalisée, que personne ne croyait, à l’époque, à ses résultats financiers et qu’il s’agit, désormais, d’un processus dont les objectifs sont renouvelés chaque année. En contrepartie, il ne sera pas acceptable d’envisager de nouvelles baisses tarifaires, en dehors du Plan Pluriannuel signé dans le domaine de l’imagerie. Il faut également que les sommes économisées soient réinvesties dans l’organisation de la médecine libérale pour favoriser le regroupement des médecins et des professionnels de santé, toutes spécialités confondues, et prévoir une rémunération spécifique pour celui qui organise la coordination des soins autour des pathologies chroniques en ville.

Dernier élément, si le déficit de l’Assurance Malade s’accroît de 3 milliards, c’est uniquement lié à la crise économique et au manque de recettes.

Docteur Jean-François REY