LES INCIVILITES AU QUOTIDIEN

L’enquête réalisée par l’URPS de Franche-Comté ne fait que confirmer et étayer la pratique quotidienne des médecins libéraux : l’incivilité croissante de patients qui ne respectent pas l’organisation des rendez-vous dans les cabinets médicaux. De trop nombreux patients soit, annulent à la dernière minute leur rendez-vous, ce qui ne permet pas à un autre patient d’en bénéficier soit, tout simplement, n’honorent pas le rendez-vous préalablement demandé. Cette situation est pénalisante pour les médecins libéraux dans la mesure où tout rendez-vous constitue déjà une tâche financière pour le secrétariat mais, également, oblige les médecins à augmenter l’amplitude de leurs plages de rendez-vous face à la demande de la population et à une démographie revue à la baisse.

Il faut noter que dans cette enquête, ce sont les médecins spécialistes libéraux qui sont le plus pénalisés mais, qu’également les patients bénéficiant de la CMU sont ceux qui ont le plus tendance à ne pas honorer les rendez-vous. Cette dernière catégorie doit être étudiée avec précaution dans la mesure où les bénéficiaires de la CMU, de la CMU-C puis de l’ACS constituent une population qui augmente en nombre, il faut donc tout particulièrement les sensibiliser sur l’importance d’honorer leurs rendez-vous. L’extension, que certains voudraient, du tiers payant ne fait que renforcer les incivilités puisqu’il n’y a aucune pénalité financière. Cette situation ne doit, en aucun cas, être une excuse pour exclure ces patients de l’organisation habituelle du cabinet car, la grande majorité d’entre eux se comportent d’une manière identique au reste de notre patientèle.

Face à ces incivilités, devons-nous, comme les compagnies aériennes, mettre en place du « surbooking » au risque de se retrouver avec des consultations surchargées et des retards dans l’organisation de celles-ci ? C’est une solution et ceux qui seront pénalisés seront, malheureusement, les patients. Par contre, nous devons, dans ce cadre, prôner l’utilisation du droit à dépassement exceptionnel. Un DE peut être appliqué à la prochaine consultation du patient qui n’a pas respecté son rendez-vous. C’est une mesure simple qui correspond tout à fait à l’esprit et à la lettre du DE et qui s’applique à toute la patientèle quelles que soient les conditions de prise en charge.

Il faut se féliciter de l’étude faite par l’URPS de Franche-Comté et de la bonne médiatisation de celle-ci dans la presse grand public, la CSMF ayant mis en avant une demande de pénalités financières. C’est déjà une première mesure pédagogique vis-à-vis de l’ensemble des patients en rappelant, qu’heureusement, la grande majorité de nos patients respectent leurs médecins en honorant ponctuellement les rendez-vous.

Dr. Jean François REY