LA POLITIQUE SYNDICALE AU JOUR LE JOUR

Tous ceux qui ont l’expérience des négociations syndicales savent que le grand jour, le grand soir ou le grand chambardement n’existent que dans la pensée de ceux qui n’ont aucune expérience dans ce domaine.

Dans le cadre de l’U.ME.SPE./CSMF, nous savons que c’est, d’une part, le travail de fond fait par notre Bureau, notre comité directeur, nos commissions, qui permet de préparer en amont les dossiers pour les futures négociations ; d’autre part, faire entre nous nos arbitrages pour arriver unis face aux politiques et à l’Assurance Maladie. Tous ceux qui ont voulu jouer la carte corporatiste d’une spécialité ont, parfois, obtenu des succès limités pour se retrouver isolés à la merci des dictats des caisses ou des politiques. Nous ne prendrons aucun exemple, certains se reconnaitront dans l’échec de leur demande, pourtant souvent légitime, depuis près de vingt ans.

Au contraire, nous savons qu’à travers les conventions et les multiples avenants, c’est une politique pas à pas qui permet, malgré un contexte financier et politique particulièrement difficile, d’améliorer la situation professionnelle et financière des médecins libéraux. Certes, ce n’est pas suffisant face à l’environnement organisationnel de nos cabinets, certaines spécialités, notamment les spécialités cliniques, restent trop fortement défavorisées mais, contrairement à ce qui a été colporté sur les réseaux sociaux, la convention de 2011, puis l’avenant n°8, puis l’avenant n°11, apportent des revalorisations financières non négligeables dans un contexte économique de crise. Ceci  sans parler de  la mise en place de la rémunération sur objectifs de santé publique qui est à porter au crédit de l’U.ME.SPE. pour les médecins spécialistes ; beaucoup n’y croyaient pas, tous maintenant le demandent. A nous de faire respecter les textes signés pour les pédiatres et les endocrinologues et de prévoir les futures négociations pour tous.

Cette politique de l’U.ME.SPE./CSMF est la seule possible pour réunir toutes les demandes, essayer de porter les dossiers et nous avons reçu, avec plaisir, les félicitations du Président du syndicat des pédiatres et celles du Président du syndicat des anatomo-cytopathologistes à la suite de la signature de l’avenant n°11. Ils ont vu que, malgré les aléas et, contrairement à ce qui pouvait être colporté ça et là, l’U.ME.SPE. soutient toutes les spécialités quelle que soit leur pratique, quel que soit leur nombre. C’est tout l’intérêt de notre syndicat et c’est tout l’intérêt de la CSMF qui fédère l’ensemble de la pratique de la médecine libérale. Nous serons particulièrement vigilants dans les mois à venir, dans la mise en place des différentes ROSP, surtout pour les spécialités cliniques face à la politique de MG France qui reste toujours liée à la notion de médecin référent qui est, pour nous, un médecin gatekeeper alors, qu’avec l’UNOF, nous avons développé les pratiques coopératives interprofessionnelles.

En ce qui concerne l’avenant n°11, il concrétise l’ouverture du contrat d’accès aux soins au 1er décembre ;  c’est un succès pour l’U.ME.SPE./CSMF, nous avons été les seuls à porter ce contrat qui permet, entre autres, à près de 2 000 chefs de clinique ou assimilés bloqués en secteur 1, d’avoir pu signer ce contrat. Une remarque importante : les ouvertures de secteur d’activité ont toujours été juridiquement limitées dans le temps ; si, pour les médecins du secteur 2, ils pourront continuer à signer le contrat d’accès aux soins, au-delà de sa mise en place, cette possibilité n’existera pas, juridiquement, pour les médecins du secteur 1 ayant les titres de chefs de clinique ou assimilés. La prochaine ouverture aura lieu dans le cadre de la future négociation conventionnelle, dans trois ans ; d’où l’importance, pour toutes les verticalités, de sensibiliser leurs adhérents sur l’importance de la signature avant le 1er décembre.

Par ailleurs, pour les médecins du secteur 2, nous avons obtenu une amélioration financière importante : quelle que soit la date de la signature du contrat, ils bénéficieront d’un remboursement de leurs charges sociales pour tous les actes pratiqués en tarif opposable sur la totalité de l’année 2013. Pour certaines spécialités, comme les anesthésistes réanimateurs qui, du fait de leur pratique et des urgences, réalisent une partie importante de leur activité en tarif opposable, c’est un avantage financier qui se chiffre à environ dix mille euros. Là encore, c’est l’U.ME.SPE./CSMF avec le SNARF qui a obtenu cette enveloppe financière. Dans le contexte économique actuel, le pouvoir politique est réticent à afficher des revalorisations sur les consultations ou sur les actes, à travers le C, le CS, le C2 ou les lettres-clés de la CCAM. Par contre, c’est grâce à notre opiniâtreté syndicale que nous avons obtenu toutes ces améliorations avec des enveloppes, avec un affichage qui n’est pas lisible pour le grand public. Comme dans d’autres domaines, nous devons prendre conscience de la crise financière, des difficultés pour nos patients et considérer que, même si nous ne sommes pas privilégiés et que nos revenus sont essentiellement maintenus grâce à un travail hebdomadaire important, nous restons paradoxalement, par rapport à l’environnement économique, dans une situation qui est loin d’être défavorable, y compris face au chômage où bien des cadres de nos générations se retrouvent à 55 ans, au chômage, en pré-retraite après une carrière courte.

Docteur Jean François REY