L’INTEGRATION DES SPECIALITES CLINIQUES DANS LE PARCOURS DE SOINS

Au moment où va s’ouvrir une négociation mettant en place de nouvelles conditions de prise en charge des patients atteints de pathologies chroniques, en ville, il est important qu’au delà du rôle pivot de chef d’orchestre du médecin traitant, l’ensemble des professionnels de santé libéraux soient reconnus dans le rôle qu’ils exercent déjà actuellement. Les grands oubliés des discours ministériels et de l’organisation des soins par la DGOS restent les médecins exerçant une spécialité clinique de proximité. Si l’on veut éviter des hospitalisations inutiles ou des retours précoces à l’hôpital, il est indispensable d’avoir recours à l’expertise que ces spécialités représentent.

Deux grandes situations impactent la médecine spécialisée, celle des spécialités techniques ou médico-techniques et celle des spécialités cliniques. En ce qui concerne les premières, le recours est naturel, personne ne peut faire des actes de radiologie à la place des radiologues, les explorations cardiologiques à la place des cardiologues ou les endoscopies à la place des gastroentérologues ; cette liste est, bien sûr, non exhaustive. Encore faut-il que ces spécialités s’organisent pour permettre une médecine de proximité et que les médecins traitants puissent faire appel à des médecins spécialistes correspondants. Il faut des cabinets avancés, un regroupement des équipes, surtout à l’heure des demandes légitimes des jeunes médecins spécialistes et face à la féminisation de la profession. A noter, qu’en parallèle, les hôpitaux généraux sont souvent dépourvus de médecins spécialistes qualifiés.

Mais la problématique la plus importante est celle des spécialités cliniques. Leur proximité avec les spécialistes en médecine générale, médecins traitants, rend parfois plus difficile la reconnaissance des périmètres d’activité des uns et des autres : la pédiatrie, l’endocrinologie, la gynécologie font partie des spécialités pour lesquelles il est indispensable, qu’au sein de la CSMF, l’UNOF et l’U.ME.SPE., se détermine l’organisation du parcours de soins pour l’opposer aux velléités, souvent réductrices, de MG France. Dans ce contexte, la création d’un groupe contact entre l’UNOF et l’U.ME.SPE. est un élément important, dans une ambiance confédérale et amicale, il faut  que les uns et les autres bâtissent notre parcours de soins confédéral. Mais ceci impose, également, comme ceci a été dit lors du dernier comité directeur de l’U.ME.SPE.,  que ces spécialités s’organisent différemment, ne restent pas isolées, imaginent de nouveaux modes d’exercice. Ne pas vouloir reconnaître cette réalité, ne pas vouloir changer un mode d’exercice plus que trentenaire, les conduira à l’isolationnisme qui est le danger essentiel. Ceci serait dommage car ces médecins spécialistes de proximité apportent une expertise de plus en plus reconnue par les jeunes générations de médecins généralistes qui ne sont plus au temps de la reconnaissance de la médecine générale qui est désormais un fait acquis.

L’expérience de pôles de santé, comme celui développé dans la Mayenne, doit être un exemple à adapter en fonction des besoins géographiques. Il y a urgence à développer nos propositions, nos projets.

Docteur Jean-François REY