L’IMPORTANCE DE LA COMMUNICATION ENTRE PROFESSIONNELS DE SANTE

 

Un des éléments importants de la Loi de 2004 et de la Convention qui en a découlé, était la mise en place du DMP. En effet, le médecin traitant a un rôle important pour colliger l’ensemble des informations sur son patient, il doit pouvoir correspondre aisément avec le médecin spécialiste consultant de proximité mais, également, avec tous les autres professionnels de santé impliqués dans la prise en charge du patient.

La mise en place du DMP est un échec coûteux, nous avions fait des propositions cohérentes qui ont été rejetées, en particulier en raison de l’activisme du président du CISS de l’époque, Christian SAOUT, avec la volonté de masquer des informations mais, également, de masquer ce « masquage ». Finalement, après 10 ans, 500 millions d’euros n’ont servi à rien ou presque.

Actuellement, la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, Marisol TOURAINE, demande à la CNAMTS de reprendre ce dossier, c’est un pilote légitime puisque nous pourrions ainsi inclure la problématique de transmission des données de santé entre professionnels dans le cadre conventionnel. La CSMF a un avantage sur les autres syndicats puisque nous avons développé le DMP-Pro, qui est l’élément important de communication entre professionnels. Il n’est pas possible d’envisager des pratiques coopératives interprofessionnelles sans avoir un outil de synthèse mais, également, la possibilité de mise en place de messageries sécurisées en respectant et en intégrant l’existant. Beaucoup de reproches sont faits sur le manque de coordination entre professionnels de santé mais la responsabilité en revient d’abord à l’Etat et à ceux qui ont mal géré, pendant 10 ans, le DMP.

Autre élément important, en corollaire avec la mise en place d’un DMP et d’une messagerie sécurisée, le résumé de sortie d’hospitalisation, comme ceci a été démontré dans les expériences PRADO, il est indispensable que le médecin traitant mais, également, les autres professionnels de santé, y compris le médecin spécialiste de proximité, soient informés rapidement des conclusions d’une hospitalisation. Trop souvent, la lettre de sortie est adressée après plusieurs semaines de retard mais, également, il faut rappeler que, contrairement aux établissements de soins privés, la plupart des services hospitaliers publics conservent l’iconographie pertinente nécessaire au suivi du patient (IRM, scanner ….). Il faut que le gouvernement impose une véritable révolution culturelle aux hôpitaux publics qui doivent s’aligner sur les pratiques des établissements de soins privés et des médecins spécialistes libéraux qui y exercent. La reprise en mains du DMP par la CNAMTS doit s’accompagner de mesures contraignantes, voire de pénalités financières, pour les établissements de soins publics qui ne respecteraient pas la transmission immédiate des données du patient comme ceci se fait dans le secteur libéral. Les ARS devraient, à travers les contrats d’objectifs et de moyens, imposer cette logique qui permettrait d’éviter les examens redondants mais, également, des retards ou des erreurs de prise en charge par manque d’informations.

L’ensemble des professionnels de santé libéraux et, en particulier, les médecins spécialistes libéraux de proximité, sont prêts à s’engager dans une meilleure prise en charge du patient en ville encore faut-il que l’Etat impose à tous les mêmes contraintes et fassent respecter les lois votées par le Parlement.

Dr. Jean François REY