INFOS DU BUREAU - L'HEURE DE LA MOBILISATION

Le Comité Directeur de l’U.ME.SPE./CSMF, réuni le dimanche 12 octobre en assemblée plénière de rentrée, constate qu’au travers des projets de lois, portés par le Ministère de la Santé et celui des Finances, le gouvernement s’attaque frontalement à la médecine libérale et la condamne à la précarité au profit de l’hôpital public, des financiers et des marchands.

Un déni d’équité qui ne gêne pas les politiques mais qui aura un impact avéré sur la qualité des soins et sur le service rendu aux usagers, sans rien régler des problèmes récurrents d’accessibilité aux soins, abusivement invoqués pour justifier le coup de force !
A l’heure de la nécessaire réflexion sur l’inégalité d’accès aux soins, tant financiers que spatio-temporels, et sur la pertinence des parcours, la classe politique au pouvoir, après d’autres, a une nouvelle fois « tout faux » !

Le mouvement de contestation du projet de loi « croissance et pouvoir d’achat » a démontré le degré de mobilisation et de réaction des diverses professions concernées.
 
L’U.ME.SPE./CSMF se réjouit de l’excellente participation aux actions du 30 septembre de l’ensemble des acteurs libéraux.

Ils ont démontré leur refus :

• d’une déréglementation de leur profession ;
• de l’ouverture du capital de leurs sociétés au monde de la finance et de l’assurance…créant des liens de subordination et de conflits d’intérêt comme cela se perçoit déjà dans certaines sociétés de biologie !
• d’un transfert d’activité vers des sociétés marchandes plus préoccupées de rentabilité que de qualité des soins.

De nouvelles actions de mobilisation sont en préparation à la demande de nos mandants.

L’U.ME.SPE./CSMF est opposée à la Loi de santé publique, conçue et portée par le Ministère de la Santé qui s’attaque au socle de la médecine libérale auquel est attaché l’ensemble de la population et affiche sa détermination à user de tous les moyens nécessaires à interrompre sa mise en place.

• Nous ne voulons pas du tiers payant dès lors qu’il serait généralisé et obligatoire, mais restons attachés à l’accessibilité aux soins pour tous avec une même qualité garantie et l’absolue sécurité des prises en charge. Le tiers payant social permet l’équité dans la dispensation de soins (dont la population étudiante, oubliée du débat !)

• Nous dénonçons le démantèlement de la convention nationale en un texte à géométrie variable, applicable en région au bon vouloir des ARS ! Déférer au directeur d’ARS la responsabilité des autorisations d’exercice sous couvert de Service Territorial de santé au public, c’est attenter à la liberté d’installation et organiser l’étatisation du soin ambulatoire, c’est nier la nature même du pacte social national historiquement noué entre les professionnels libéraux et la population.

• Nous refusons la subordination des établissements privés à l’hôpital public qui confère à l’État le monopole du soin et de la santé. Cette loi ne constitue rien d’autre que le Business Plan de l’hôpital public.

• Nous réfutons la mainmise de l’Université sur la formation médicale continue, laquelle devrait plutôt se concentrer sur sa propre mutation, nécessaire et urgente pour reconquérir l’excellence perdue d’hier !

• Nous exigeons la suppression du « testing », en vérité manœuvre de stigmatisation d’une profession, rétive aux oukases.

• Nous nous opposons au transfert de tâches et de compétences tel que proposé aujourd’hui au travers de « pratiques avancées » ne correspondant qu’à rien d’autre que des transferts d’activités vers des professions non formées aux tâches rétrocédées.

• Nous nous inquiétons du contenu d’une campagne de presse insidieuse sur la contraception se tenir pour contourner les acteurs légitimes de la prise en charge.

Le « parcours de soin et de santé »  n’apparaît plus aujourd’hui que pour un artifice sémantique censé camoufler une authentique OPA au profit exclusif de l’Etat.

L’U.ME.SPE./CSMF dénonce le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale qui fait, une nouvelle fois, la part belle au seul secteur public avec un ONDAM « en trompe-l’œil », pour la ville discrètement supérieur à celui de l’hôpital, (0,2%), mais au prix du transfert des dépenses de l’hôpital vers la ville, des prescriptions de médicaments particulièrement coûteux. La facture d’un milliard d’euros de coût de traitement de l’hépatite C est ainsi indûment imputée sur l’enveloppe libérale !

L’U/ME/SPE//CSMF s’opposera à tout projet qui mettrait en difficulté les établissements privés notamment par l’artifice du « coefficient prudentiel ». Mesure inique et partisane.
Elle prendra comme une attaque directe toute action venant déstabiliser les établissements de soins privés, partenaires privilégiés indispensables à la prestation de soins de qualité et acteurs obligatoires du « virage l’ambulatoire », incontournable dans le cadre des parcours de santé.

L’U.ME.SPE./CSMF alerte la population du désengagement de l’État dans la mise en place des contrats responsables qui devraient, dans leur totalité, solvabiliser les compléments d’honoraires conventionnels, indispensables à la survie de certaines spécialités.
Quant aux assurances complémentaires, et singulièrement les mutuelles, leur attitude nous oblige à la défiance.

L’U.ME.SPE./CSMF attend d’elles des mesures politiques fortes et responsables en faveur de la médecine libérale spécialisée et, notamment, sur la prise en charge de ces compléments d’honoraires.

L’U.ME.SPE./CSMF souhaite, enfin, rappeler au Ministère de la Santé que la ROSP ne concerne pas encore toutes les spécialités initialement ciblées et qu’elle doit être étendue rapidement à toutes les spécialités.

Au final, l’accumulation des actes de défiance du gouvernement à l’égard de la médecine spécialisée libérale et son exclusion délibérée dans la restructuration du système de santé conduit, aujourd’hui, la branche spécialiste de la CSMF à s’opposer et combattre des lois qu’elle tient pour délétères à une prise en charge de la populations conforme aux standards internationaux.

L’U.ME.SPE./CSMF rappelle au gouvernement les propositions d’organisation innovante  qu’elle porte dans le cadre de l’entreprise libérale de demain, pour une meilleure réponse aux besoins de soins dans le cadre de prise en charge de qualité, de sécurité et de réduction des inégalités de santé.

L’U.ME.SPE./CSMF tient à rappeler, qu’à l’heure des contraintes économiques fortes, la médecine libérale spécialisée s’avère largement plus performante que le secteur public. Si l’heure est venue de songer à une vraie rationalisation économique de la santé, il est aussi temps de dégraisser le mammouth public.

L’U.ME.SPE./CSMF dit :

   NON à la destruction de la médecine libérale spécialisée
   NON à l’étatisation du système de santé

 
L’U.ME.SPE./CSMF se situe aujourd’hui clairement dans une opposition frontale et active aux projets du gouvernement. Elle s’opposera à la mise en place de tous les projets qui contribueront à sa déstructuration.

L’U.ME.SPE./CSMF appelle, d’ores et déjà, l’ensemble des spécialités à participer à des actions de mobilisation contre l’ensemble de cet arsenal législatif anti-libéral. L’U.ME.SPE./CSMF demande à la CSMF d’organiser la coordination des actions respectivement envisagées par l’UNOF et l’U.ME.SPE..