INFOS DU BUREAU - DESTRUCTION, DIVISION ; UNE FEUILLE DE ROUTE POUR UNE LOI EN DEROUTE ?

A vouloir tout remanier on arrive souvent à tout détruire. Est-ce par idéologie que le gouvernement s’engage sur cette voie ?

C’est dans l’air du temps et le « gosplan » se met en place même si le ministère s’en défend. Les consultations de concertation qu’il a mises en place pour - soi-disant - construire ensemble une loi de santé partagée, sont une mascarade, du jamais vu !

D’un côté un objectif flou,  l’énoncé de généralités que l’on ne peut que partager et, à l’opposé, l’annonce isolée et brutale de mesures dont la finalité reste obscure.

Le fil conducteur est-il la destruction de la médecine libérale ?

Doit-on accepter :

• La mise en cause de l’éthique des médecins libéraux dans l’hospitalisation privée annoncée sans discernement sur une chaine de radio ?
• La dénonciation de soi-disant niches fiscales et les rentes de situation au travers de certaines rémunérations conventionnelles ?
• La remise en cause programmée des dispositions sociales du secteur 1 sur le plan conventionnel ?

Ce discours relève d’un amateurisme dans les propos, d’une inculture historique, d’un mépris de notre profession et de la méconnaissance de la vie réelle de nos concitoyens.

A la lecture de cette loi, - dont nous n’avons pas encore obtenu le texte officiel - nous découvrons :

  • le tiers payant généralisé et obligatoire,
  • le « business plan des hôpitaux » dont la feuille de route semble inquiéter aussi les professionnels du secteur public, qui se mobilisent, enfin, l’absence de la médecine spécialisée au sein du débat.

La prise en charge de la population se résume à une coordination entre les paramédicaux et le médecin généraliste traitant, et l’annonce du choix d’un médecin traitant chez l’enfant a été faite sans calculer l’impact sur le tissu existant et sans objectif de santé pour la population infantile ! De façon concomitante, se sont engagées les négociations sur les soins coordonnés desquelles étaient aussi exclus les médecins spécialistes !!

L’U.ME.SPE. s’est invitée au débat et nous avons été entendus :

  • Pour l’enfant, un vrai travail commun va s’engager pour structurer et organiser la filière infantile qui, est aujourd’hui, en grande difficulté.
  • Pour les soins coordonnés, seul un accord  sur la forme juridique vient d’être trouvé et les premiers documents viennent d’être proposés : un relevé de conclusions pour satisfaire le ministère duquel sont exclus les médecins spécialistes ! Ce n’est pas acceptable et on ne peut laisser de côté un des acteurs primordiaux de la structuration du territoire de santé. Nous restons mobilisés et force de propositions.

Attaque contre la profession médicale ? Aujourd’hui, aucun professionnel de santé ne se retrouve dans cette loi qui dilue les compétences et les responsabilités sous des prétextes de coordination et d’économie budgétaire. L’économie est indispensable mais, encore une fois, mal ciblée. Cette loi installe la défiance, figeant ainsi les positions.

Le défaut d’information et de concertation est le lit des conflits et la somme des décisions unilatérales, qui a été affichée jusqu’à présent, semble nous mener vers des mouvements  de contestation à la rentrée en septembre. Faudra-t-il appeler à la désobéissance sanitaire citoyenne !!! Sous quelle forme ?

En attendant, profitez de la période de repos.

Alors…Bonnes vacances à tous !