EN DIRECT DU SPECIALISTE N° 140 - DESOBEISSANCE CIVILE, POUR UN NOUVEAU CONTRAT SOCIAL

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DESOBEISSANCE CIVILE, POUR UN NOUVEAU CONTRAT SOCIAL

La loi vient d’être votée à l’Assemblée Nationale malgré une opposition franche de toute la médecine libérale. Le tiers payant, mesure phare et emblématique, n’a pas été ébranlé par cette mobilisation. Cette mesure a fédéré tous les politiques de gauche, ce dont la majorité avait bien besoin suite aux nombreux échecs de ces derniers mois. Une mesure pour renforcer le gouvernement, voilà tout ce que représente la loi de modernisation de la santé !!! Le Premier Ministre, le soir même des résultats des départementales, a défendu le tiers payant généralisé. Cette loi est le dernier rempart de l’éclatement de la majorité.

Mais, le tiers payant est loin d’être toute la loi ! Il en est sûrement le symbole d’un pouvoir profondément antilibéral. L’économiste Brigitte DORMONT, attachée au service de Matignon ne déclare-t-elle pas en parlant du tiers payant « une mesure qui est extrêmement structurante, c’est d’une certaine manière la mort annoncée du système libéral qui est une bonne chose, (...) ça rend les médecins effectivement dépendants du financeur(…). Les médecins vont dépendre pour leur niveau de vie et pour leur rémunération, du financeur ». 

Très clairement ce discours haineux, axé sur un combat de classe sociale digne de la préhistoire, dont le seul objectif  est d’asservir un corps professionnel va conduire à une crise profonde mettant à mal le contrat social et les conventions entre la profession et la Nation.

Une Crise non sans conséquences délétères sur la relation médecin/malades. Pour un économiste, oublier la force économique que représente la médecine libérale est une erreur majeure lourde de conséquences, en effet penser que des mesures financières n’auront pas de conséquence en terme d’emploi est une stupidité. Cette réflexion ne peut être portée que par des responsables qui ignorent le sens du mot produire et le monde de l’entreprise.

Que dire des mesures de la loi qui donnent aux paramédicaux des prérogatives médicales, aux hôpitaux publics le pouvoir d’être, demain, gestionnaires de leur territoire alors qu’ils sont dans l’incapacité d’équilibrer leurs comptes et qui identifient comme « le mouton à tondre » le seul médecin libéral (cela ne suffira pas !). Que dire d’une médecine sans médecin spécialiste de proximité et dont le médecin généraliste deviendra le « gate kipper » de la prise en charge de la population. Pouvons-nous croire, dans ces conditions, que la qualité et l’efficience seront au rendez vous ?

L’U.ME.SPE./CSMF conteste la mise en place d’une organisation de proximité au travers du prisme d’une prise en charge organisée et structurée par les seules équipes de soins primaires. Cette mesure engagera la médecine spécialisée libérale de proximité dans une spirale la conduisant obligatoirement à intégrer les établissements de soins publics ou privés, une mesure permettant de gérer l’accès et organiser la pénurie.

Aujourd’hui, nous refusons ce modèle et nous nous sommes engagés sur la voie de la contestation et de la résistance. L’appel à la « désobéissance civile » est une mesure structurante car elle nous engage dans une voie de construction. L’accessibilité aux soins de qualité pour tous est indispensable, alors la médecine libérale de spécialité doit devenir, en coordination avec la médecine générale, le maitre d’œuvre de la structuration de l’offre de soins sur le territoire alliant ainsi qualité, sécurité des soins et efficience du système.

Permettons à la médecine libérale de retrouver son identité, sa spécificité et son attrait en construisant de nouveaux modèles organisationnels répondant, à la fois, à la demande des plus jeunes et à la performance de notre système de santé français dans l’offre de soins aux patients.

L’entreprise médicale de santé libérale sera la réponse du soin de qualité au bon coût, dans le cadre d’un modèle français redéfini, co-construit et répondant au contrat social défendu par tous.

Volonté individuelle, conscience collective seront les deux moteurs de ce nouveau contrat social.

Dr. Patrick GASSER
Président