EN DIRECT DU SPECIALISTE N° 137 - SANS PRECEDENT, 2015 L'ANNEE DES COMBATS

Au nom de l’U.ME.SPE., je voudrais tout d’abord vous souhaiter, à toutes et à tous, une excellente année 2015, bien qu’elle ait débuté dans une grande tristesse nationale suite aux tragiques attentats de ce mois de janvier.

Il faut maintenant reprendre le cours des choses, se remettre à défendre notre conception de l’exercice libéral et notre engagement professionnel pour une amélioration de la prise en charge de tous nos patients.

Depuis plusieurs mois, au sein de la CSMF, l’U.ME.SPE. aux côtés de l’UNOF, a été force de propositions pour amender le projet de loi de santé proposé par le Gouvernement et porté par la Ministre de la Santé, Marisol TOURAINE. La crise est aujourd’hui patente, le dialogue est un dialogue de sourds, avec une Ministre arcboutée sur des convictions qui n’ont de fondements qu’idéologiques, l’amenant à des propositions absurdes construites au travers d’analyses erronées.

La mobilisation contre ce texte a été historique dans cette période de fin d’année rassemblant tous les médecins spécialistes. L’importance de son impact se mesure au nombre de réquisitions qui ont été nécessaires sur l’ensemble du territoire et qui ont permis d’assurer la sécurité des patients. Aucun incident grave en termes de prise en charge urgente n’a été à déplorer. Mais la Ministre ne reconnaît pas ces chiffres et nie l’ampleur de la mobilisation dont elle n’a pas « vu l’impact ». Paroles relayées par le nouveau directeur de l’UNCAM, maintenant aux ordres de l’Elysée et du Ministère.

L’U.ME.SPE. continue de défendre les valeurs indispensables au maintien de notre système de soins. Les médecins libéraux doivent garder leur esprit d’entreprise et d’innovation. Ils ne sont pas opposés à l’évolution de leur métier mais veulent en être les principaux protagonistes et non les acteurs passifs d’une destruction de l’existant au nom d’une idéologie abstraite et inadaptée. Ils veulent également que leur soit garantie une indépendance totale vis à vis des payeurs. La caisse d’Assurance Maladie et les assureurs privés mettent en place, au travers de l’ANI (accord national interprofessionnel), l’assurance complémentaire santé obligatoire au sein des entreprises. Ils rêvent d’installer, en milieu libéral, ce lien de subordination qui leur permettra de sélectionner les médecins en fonction de leur activité et les patients en fonction de leurs risques. Un système, au bout du compte profondément inégal, on peut s’interroger sur l’esprit visionnaire de nos politiques !

Nous l’avons dit, nous le répétons, le tiers payant n’est pas la solution d’une meilleure accessibilité aux soins, il installe une dépendance qui sera de plus en plus prégnante au cours des années à venir entre les payeurs et les exécuteurs que nous serons. Il est donc, aujourd’hui, inacceptable pour les médecins libéraux de le voir se mettre en place. D’autres solutions garantissant la dispense d’avance de frais des patients existent et sont faciles à mettre en place en l’absence de tout contrôle par l’Etat.

Pourquoi créer un label de « service public hospitalier » instaurant une discrimination entre les établissements alors même, qu’aujourd’hui, tout le monde s’accorde sur la nécessité d’une coordination de tous les acteurs sur l’ensemble du territoire ? Une fois encore par pure idéologie. Le besoin est aux échanges, à la co-construction par le partage d’objectifs communs. Le pays n’a pas, aujourd’hui, le luxe de s’offrir une guerre entre le public et le privé.

Pour rester médecin libéral nous devons impérativement combattre ce projet. Cela implique une mobilisation de tous les jours ; nous devons obtenir une vraie réécriture. La Ministre s’apprête  à utiliser, prochainement, des procédures permettant à son texte d’être voté plus rapidement. Ce texte rejette la médecine libérale et, plus particulièrement, la médecine de spécialité. Comment penser refonder la santé en excluant les médecins spécialistes de la prise en charge globale des populations ? La Ministre n’est pas à une aberration près. 2015 sera-t-elle une année de construction ? Pour l’instant nous sommes peu nombreux à l’envisager !

Dr. Patrick GASSER
Président

 

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