CONFERENCE DE PRESSE UMESPE 24 JANVIER 2018 - Étude d’opinion publiée pour l’UMESPE-CSMF et PROJET POLITIQUE DE L'UMESPE-CSMF

Satisfaits de leurs spécialistes,  les Français placent la compétence en priorité absolue

Marie Foult | 24.01.2018 - QUOTIDIEN DU MEDECIN

85 % des Français se déclarent satisfaits des spécialistes libéraux en ce qui concerne le diagnostic de leurs maladies et 75 % sont contents de leur « suivi » (seuls 3 % se déclarent « pas du tout » satisfaits). Tels sont les enseignements d'une étude Viavoice* réalisée pour l'Union des médecins spécialistes confédérés (UMESPE-CSMF), présentée ce mercredi. 

Si les patients expriment leur satisfaction générale, ils trouvent sans suprise que les délais d'attente sont assez longs (46 %) et même « très longs » (46 % également) pour un rendez-vous auprès d'un ophtalmologiste, dermatologue, cardiologue ou pédiatre et que le lieu de ce rendez-vous est éloigné de leur domicile (51 %).

« L'expertise » des spécialistes de second recours est plébiscitée puisque 61 % placent en première priorité le besoin de bonne compétence en cas de maladie sérieuse (avant la bonne accessibilité aux soins à 47 %). Un tiers réclament en priorité du temps médical « pour bien comprendre leur pathologie ». L'accueil dans des conditions agréables n'est cité en priorité que dans 14 % des cas... 

L'imaginaire associé aux médecins spécialistes est plutôt flatteur. Les Français estiment à 86 % que les spécialistes libéraux qu'ils connaissent respectent totalement le secret professionnel, qu'ils soignent bien (85 %), que ce sont des personnes de confiance (79 %) et avec lesquelles on se sent bien (72 %). Les indices diminuent toutefois pour le temps d'écoute (63 %) ou l'accompagnement dans la vie. 

Soutien à la délégation de tâches 

Interrogés sur la délégation de tâches, 73 % des Français pensent que ce serait plutôt « une bonne chose » si une infirmière leur posait au préalable des questions que les spécialistes « n'auraient pas à poser ensuite ». Un Français sur cinq pense que ce serait au contraire une mauvaise idée. Mais le refus catégorique est rare (4 %).

Pour 73 %, cette délégation spécialiste/infirmière permettrait une bonne prise en compte du patient et une juste répartition des rôles, le médecin se concentrant sur son cœur de métier et la valeur ajoutée médicale. Et 71 % pensent que cela permettrait un bon suivi du traitement.

* Étude réalisée en ligne auprès d'un échantillon de 2000 personnes (méthode des quotas) du 3 au 11 octobre 2017.

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Coopérations, délégations de tâches, rémunération à l'épisode de soins QUOTIDIEN DU MEDECIN

L'UMESPE veut valoriser l'expertise médicale des spécialistes

Marie Foult | 25.01.2018

L'Union nationale des médecins spécialistes confédérés (UMESPE-CSMF) vient de présenter son projet politique. Balayant un spectre large, le syndicat de Patrick Gasser se montre innovant sur le terrain de la rémunération et de l'exercice.  

Après ses États généraux de novembre, l'Union nationale des médecins spécialistes (UMESPE-CSMF) a présenté son « nouveau contrat social de la médecine pour le XXIe siècle » qui assume des réformes de l'organisation et de la rémunération. Le Dr Patrick Gasser, président du syndicat, se présentera à sa propre succession le 10 mars prochain autour ce programme.

Entreprise de santé

« Désenclaver les territoires », c'est l'objectif de l'UMESPE. Le syndicat appelle les spécialistes libéraux à utiliser « l'ensemble des moyens innovants d'organisation » et à être autonomes financièrement, loin du « leurre » des subventions publiques. La centrale souhaite en revanche définir des territoires de « faible densité » dans lesquels des accompagnements (tarifaires, défiscalisation) seraient mis en place.

Sur ces territoires ciblés, il plaide pour une coopération intraspécialités, rapprochement à grande échelle entre libéraux et hospitaliers sous la forme d'une « entreprise de santé à responsabilité territoriale ». La coopération entre spécialistes est aussi mise en avant, qui pourrait être confiée à « un paramédical spécifiquement formé ». Ceux qui s'engagent dans une réflexion populationnelle (à léchelle d'un territoire) doivent être appuyés par une « aide au changement et à la création d'entreprises libérales », plaide l'UMESPE.

Maisons du parcours de soins 

Afin de pouvoir garantir à tout moment l'accès à leur expertise médicale, les spécialistes de la CSMF réclament une fois pour toutes le « virage ambulatoire ». Le syndicat – qui épingle au passage la « surcapacité hospitalière » de la France – mise sur les centres ambulatoires de médecine spécialisée sans hébergement, tels qu'ils existent en Allemagne sous la forme des Medizinische Versorgungszentren (MVZ).

« La création de ces centres est suspendue à la double capacité d'initiative du public et/ou du privé, dans des conditions de stricte équité tarifaire », précise le projet. S'ils peuvent devenir de véritables « maisons du parcours de soins », dotées d'un « centre de ressources » qui organise la prise en charge pluriprofessionnelle, transposer ces centres en France risque d'induire des difficultés réglementaires (autorisation de plateaux techniques), politiques (concurrence avec l'hôpital), voire économiques.

Protocolisation

Toujours pour valoriser l'accès aux médecins de second recours, le syndicat vote pour la délégation de tâches. Elle permettra de libérer les spécialistes des actes à « faible expertise médicale ajoutée »et d'augmenter la productivité, souligne l'UMESPE. « Les délégations de tâches doivent se faire en respectant un lien hiérarchique et un contrôle qualité du geste délégué par le médecin, juridiquement garant », précise le syndicat, qui plébiscite une protocolisation accrue des prises en charge. Certaines spécialités comme les ophtalmologistes sont déjà engagées dans ces délégations, d'autres comme les dermatologues en sont au stade de la négociation.

Autre proposition : la création d'un nouveau métier, celui de gestionnaire de parcours, toujours pour recentrer le médecin sur son cœur de métier.

Oui à la rémunération à l'épisode de soins

L'accessibilité est aussi économique, indique l'UMESPE, pour qui « les modes de rémunération ne permettent pas une réponse cohérente et simultanée à la totalité des problématiques économiques posées ». La structure mise sur la rémunération à l'épisode de soins pour laquelle elle se dit « disponible pour engager la négociation ». Pour autant, la répartition de l'enveloppe reste un point délicat. 

Une expérimentation concertée avec l'assurance-maladie sur le financement à la qualité ou à l'efficience (par répartition des gains de productivité) est également proposée. Le paiement à l'acte n'est pas abandonné pour autant, loin s'en faut, car il conserve « une parfaite légitimité éthique et des vertus économiques pour les épisodes ponctuels de prise en charge ». Le syndicat demande une nouvelle hiérarchisation des actes cliniques, ainsi qu'un espace de liberté tarifaire « encadré, mais accessible à tous ».

Évaluer les médecins régulièrement

Face à un métier de spécialiste « en pleine mutation », l'UMESPE pose plusieurs jalons. Le syndicat se positionne pour une évaluation périodique des médecins, comme l'accréditation des spécialités à risque, et non pour la recertification dans l'air du temps. Celle-ci serait portée par un organisme paritaire (comme l'Ordre ou les conseils nationaux professionnels) et serait « obligatoire, valorisée, pluriannuelle, individuelle ou collective et publiable », financée par l'État et le médecin lui-même. 

Enfin, le retour dans la convention médicale, envisagé par le président de la CSMF, Jean-Paul Ortiz, devra se faire à certaines conditions dont le renoncement à l'article de la loi Sécu 2017 qui permet aujourd'hui au directeur de la CNAM de fixer unilatéralement les tarifs des radiologues. 

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