COMMUNIQUE DU SEDMEN

L'initiative menée par la CNAM pour l'accompagnement des patients diabétiques, SOPHIA, amène de nombreux commentaires.

La démarche est louable, dès lors qu’elle peut susciter chez le patient diabétique un degré de motivation nécessaire pour changer ses comportements tant alimentaires que physiques.

La CNAM s'improvise et s'individualise comme professionnel de santé et bien sûr, en tant qu'organisme payeur, finance sa démarche.

A l'heure où, démographie oblige, la déclinaison de l'inter-professionnalité s'impose et adhère à un principe idéal de démocratie sanitaire, la CNAM, qui pourrait montrer l'exemple, s'en dédouane et décide seule de son intervention, en informe le médecin traitant sans inclure le diabétologue. Autrement dit, elle se prive d'un partenaire expert qui, loin de s'opposer à cette initiative, serait associé au projet pour mieux le dynamiser et l'intensifier.

Si la CNAM continue à œuvrer Seule, elle ne pourra, malgré l'effort financier qu'elle s'alloue, prétendre prendre en charge tous les patients diabétiques, argument d'ailleurs trop souvent opposé aux médecins endocrino-diabétologues...

Cette initiative, pour qu'elle ne soit pas vaine, doit s'articuler autour du patient diabétique, en concertation avec son médecin traitant et son endocrino-diabétologue sans qui l'intensification thérapeutique inéluctable n'est pas concevable.

Le SEDMEN en appelle à la rationalisation du dispositif SOPHIA. Cette plateforme, et non ce professionnel de santé improvisé, pourrait tirer vers le haut la prise en charge des patients diabétiques en légitimant, comme le soulignent les récentes recommandations de la HAS/ANSM, le rôle des endocrino-diabétologues.

Docteur Claude Colas
Vice Présidente du SEDMEN