Communiqué de presse - LA FIN DE LA PERMANENCE DES SOINS EN ETABLISSEMENTS PRIVES ?

L’U.ME.SPE./C.S.M.F., premier syndicat des médecins spécialistes libéraux s’inquiète de l’évolution de la permanence des soins en établissements privés, qui s’étiole comme une peau de chagrin chaque année à travers les arbitrages financiers des Agences Régionales de Santé.

L’U.ME.SPE./C.S.M.F. rappelle que la permanence des soins en établissements privés a bénéficié en 2006 d’un début de valorisation tarifaire, de nombreuses spécialités n’étant pas honorées pour cette pénibilité. Après la réorganisation technique et financière liée à la loi HPST mettant dans la même enveloppe établissements de soins publics et établissements de soins privés, chaque année des lignes de garde libérale sont sacrifiées aux dépens de lignes de garde publique dont un nombre non négligeable sont fictives, ne servant qu’à apporter un appoint de rémunération aux médecins hospitaliers.

L’U.ME.SPE./C.S.M.F. ne peut que soutenir le communiqué du Syndicat des Maladies du Cœur et des Vaisseaux concernant la situation particulièrement préoccupante dans la région Nord-Pas de Calais en ce qui concerne la cardiologie interventionnelle. A travers les différentes mesures prises au cours de ces dernières années, c’est tout l’accueil en urgence des patients dans les structures cardiologiques libérales qui est remis en cause allant à l’encontre du Code de la Santé Publique qui rappelle que chaque patient, même en urgence, a le choix de son praticien et de son établissement.

L’U.ME.SPE./C.S.M.F. dénonce la réduction de l’enveloppe attribuée à la permanence des soins chaque année qui va conduire au retour du passé où l’ensemble des médecins spécialistes assure ces missions  à titre bénévole comme ils le font d’ailleurs pour les responsabilités transversales (CME, CLIN …). Il ne faut donc pas s’étonner que nos jeunes confrères hésitent à s’installer dans le monde libéral et que par conséquence, les urgences publiques hospitalières non régulées sont surchargées par des patients qui auraient pu être pris en charge soit au cabinet des médecins, soit dans le cadre de services d’urgence de l’hospitalisation privée.

L’U.ME.SPE./C.S.M.F. profite de ce communiqué pour rappeler que nous attendons toujours la désapprobation d’une mesure non scientifique concernant l’endoscopie digestive dans la région Champagne-Ardenne, le Directeur de l’ARS, Monsieur Jean-Christophe PAILLE, ayant créé sa propre norme couvert par Monsieur Yannick LE GUEN de la DGOS parlant d’un principe de précaution qui n’a pas lieu d’être sauf pour justifier l’incompétence administrative et sans réaction des différents services du Ministère que nous avons alerté depuis plus de 6 mois.

L’U.ME.SPE./C.S.M.F. s’inquiète donc à juste titre des différentes propositions issues des multiples rapports pour donner plus de poids aux ARS dans l’organisation des soins alors qu’il existe manifestement un manque de pilotage au niveau national d’une part, et une absence de connaissance de la médecine libérale dans les régions au quotidien. Nous allons donc vers une médecine administrée et hospitalo-centrée.