Communiqué de presse du SNOF- Création de postes d’assistants médicaux, suppression du numerus clausus… : les ophtalmologistes de France sont favorables à ces mesures du Plan Santé

Le Docteur Thierry Bour, Président du SNOF : « La plupart des mesures annoncées dans le cadre du Plan Santé vont dans le bon sens. Tout d’abord, la création d’un métier d’assistant médical se révèle tout à fait pertinente. Nous sommes, en effet, convaincus qu’une collaboration étroite entre médecins et autres professionnels de santé est l’avenir de l’organisation de toutes les spécialités médicales. Les ophtalmologistes ont initié depuis plus de quinze ans une profonde réingénierie de leur spécialité pour travailler en délégation de tâches et les résultats se font déjà sentir. D’autre part, la suppression du numerus clausus est une bonne chose à condition qu’elle permette de former des médecins là où il y a des besoins ».

Création d’assistants médicaux : les ophtalmologistes, pionniers des délégations de tâches, sont prêts à partager leur expertise

Le SNOF estime que le projet de créer un métier d’assistant médical est une mesure pertinente, car elle va permettre de recentrer le médecin sur son cœur de métier : le diagnostic médical et la thérapeutique. Les ophtalmologistes ont innové et pratiquent déjà la délégation de tâches depuis plus de quinze ans, majoritairement avec des orthoptistes. Aujourd’hui, 60% des ophtalmologistes ont recours au travail aidé* et le nombre de patients vus grâce à cette organisation a augmenté de 26% selon la CNAM.

Pour le Dr Bour : « Compte tenu de la tension que noussubissons dans notre filière à cause de la pénurie d’ophtalmologistes, nous avons été amenés à trouver des solutions en nous réorganisant pour travailler en coopération avec d’autres professionnels de santé. Le SNOF a été le premier syndicat en 2006 à préconiser les assistants de cabinet. Cette organisation porte déjà ses fruits et s’est même exportée dans d’autres pays comme la Belgique ! Nous sommes convaincus qu’elle prouvera son efficacité pour d’autres spécialités médicales et nous sommes prêts à partager notre expertise tant sur l’organisation que sur le financement avec celles qui souhaiteront s’organiser ainsi ».

Suppression du numerus clausus : vers une augmentation du nombre d’ophtalmologistes formés ?

Subissant les délais d’attente les plus longs, les ophtalmologistes de France rappellent que pour obtenir le « zéro délai », la délégation de tâches doit être accompagnée d’une forte augmentation du nombre d’étudiants formés en ophtalmologie. Le SNOF estime les besoins à 240 postes par an pour faire face à la situation, alors qu’en 2018, la spécialité en a obtenu seulement 155.

Le Dr Bour explique : « La suppression du numerus clausus est une bonne chose, car elle ouvre des perspectives intéressantes pour la formation dans les spécialités en pénurie, comme l’ophtalmologie. Elle est une des spécialités où les besoins en postes formateurs sont les plus importants et c’est aussi la spécialité la plus demandée par les étudiants. Cette année encore, c’est la première à avoir été choisie. Les modalités d’application pour le 3e cycle, qui ne sont pas encore définies, devront permettre de tenir compte des besoins des Français et des souhaits des étudiants. Je ne vois pas ce que cela apporte d’empêcher les étudiants français bien classés à l’E.C.N. de devenir ophtalmologistes, à part faire fuir nos talents qui n’hésitent pas à s’expatrier pour suivre leur vocation. Nous sommes en train de dépeupler en médecins des pays qui en ont grand besoin pour combler nos propres lacunes ».

*Enquête SNOF menée auprès des adhérents – Juin 2018

Contact presse : Eugénie ARNAUD