Communiqué de presse de l'U.ME.SPE.-CSMF - UNE GESTION COMPTABLE AVEUGLE AUX DEPENS DE LA QUALITE : L'UNCAM PERSISTE DANS SA REFLEXION

A l’heure où il est indispensable d’investir dans les technologies de la santé, l’UNCAM, poussée par la Ministre de la Santé, donne, encore une fois, un mauvais signal aux médecins libéraux.

« Absurde » est le mot juste pour qualifier cette décision de baisser d’autorité le tarif de la lettre clef Z et du forfait technique de 2% du scanner, de l’IRM, du PET scan chez les radiologues libéraux. Personne ne s’étonnera de voir, demain, des sociétés de radiologie en faillite car certaines sont déjà en grandes difficultés. Voilà maintenant plusieurs années, qu’au travers de plans d’économie triennaux, la spécialité de radiologie est mise à mal et dévalorisée sous prétexte que leurs revenus ont été les plus importants.  

L’impact de cette mesure ne pourra pas être sans conséquence et cela se portera très rapidement sur les délais d’attente, puis sur le renouvellement des machines et sur l’amélioration des performances en imagerie. Un arrêt des investissements serait dramatique dans la mesure où ces investissements sont indispensables à l’amélioration des prises en charge et à l’accessibilité pour tous aux thérapeutiques les plus innovantes.

Une fois de plus, l’absence de négociation va conduire à une diminution de l’efficience et de la performance des prises en charge de nos concitoyens. L’UNCAM lance un signal délétère vers le milieu libéral qui ne fera qu’amplifier le sentiment de défiance envers l’Assurance Maladie mais, aussi, vers nos gouvernants bien incapables de mettre en place une politique volontariste à moyen et long termes pour permettre à notre système de soins de se préparer à l’explosion des thérapeutiques particulièrement coûteuses qui arrivent sur le marché.

La méthode utilisée est inacceptable, la gestion comptable, comme certains l’ont vue et déjà expérimentée, est inefficiente, elle ne permettra pas une meilleure utilisation de l’enveloppe de soins car les professionnels n’y adhérent pas. Cette politique ne conduira qu’à provoquer des difficultés d’accessibilité aux soins et, plus vite encore, dans les zones sous dotées.  « Tondre » une spécialité pour donner quelques miettes à d’autres n’est pas la solution d’avenir que les professionnels attendent, ni même les usagers.

Encore de mauvaises réponses à de bonnes questions. Engageons plutôt la profession vers la pertinence du parcours du patient, vers une industrialisation de certains process de prises en charge permettant des gains de productivité mais non vers une « ubérisation » simpliste des actes médicaux. L’avenir du métier et de la protection sociale en dépend. Aujourd’hui, les radiologues dans cette réflexion, demain à qui le tour ?

Contact presse : Dr. Patrick GASSER - Président