Cardiologie libérale : l’U.ME.SPE.-CSMF dénonce l’entreprise de démolition des ARS

En dépit des avertissements déjà lancés, l’U.ME.SPE.-CSMF constate que de nombreuses Agences Régionales de Santé se livrent à des pratiques discriminatoires qui pénalisent, de façon systématique, la cardiologie libérale des établissements de soins privés. C’est le cas, notamment, dans les Pays de la Loire, le Nord Pas-de-Calais et l’Auvergne, où les lignes de garde sont attribuées prioritairement aux hôpitaux.

A Montluçon, l’ARS d’Auvergne a décidé purement et simplement de saborder l’unité de soins intensifs cardiologiques de la clinique qui fonctionnait de façon efficace, en ne renouvelant pas les autorisations pour favoriser l’hôpital public, pourtant en difficulté, au point que, pour fonctionner, il doit faire appel aux cardiologues d’autres hôpitaux. Cet exemple traduit, à lui seul, l’état d’esprit qui règne dans de nombreuses ARS.

Pour l’U.ME.SPE.-CSMF, cette situation, qui s’apparente à une volonté de démantèlement de la cardiologie libérale dans les établissements privés, est inacceptable. Elle signe un hospitalocentrisme insolent.

Ces décisions des ARS de supprimer les services d’urgences de cardiologie dans les établissements privés remettent gravement en cause la liberté de choix du patient qui sera dirigé obligatoirement vers les urgences des hôpitaux publics, sans autre possibilité.
D’autre part, la réduction des lignes de gardes au seul profit des hôpitaux revient à réduire l’offre de soins de proximité pour favoriser des urgences hospitalières, rapidement surchargées en l’absence de toute régulation, ce qui questionne en matière de qualité et de sécurité de la prise en charge des patients.

Enfin, l’utilisation des financements publics aujourd’hui ne doit pas être captée par certains sur des critères dogmatiques mais, au contraire, délivrée sur des éléments de performance en termes de prise en charge de la population pour, ainsi, permettre aux usagers la meilleurs qualité de traitement dans les délais les plus adaptés à leurs pathologies.

L’U.ME.SPE.-CSMF n’accepte pas cette situation et refuse de laisser les ARS mener une véritable entreprise de démolition de la cardiologie libérale avant de s’attaquer, demain, à d’autres spécialités. C’est pourquoi, l’U.ME.SPE.-CSMF a demandé l’organisation d’une réunion d’urgence sur ce dossier avec le Secrétariat Général des Ministères chargés des Affaires Sociales et la Direction Générale de l’Organisation des Soins afin de revenir à un dispositif équitable.