LES SPE - LA LETTRE N° 2

LES SPÉ – LA LETTRE N° 2 FEVRIER/MARS 2019 - Non à une médecine administrée

La Lettre n° 2 - FEVRIER-MARS 2019

L'édito de Patrick GASSER
NON À UNE MÉDECINE ADMINISTRÉE
« Le déroulement actuel des négociations conventionnelles sur les futurs assistants médicaux témoigne d’un manque de maturité dans le dialogue social de ce pays. Les négociations sur les assistants médicaux ont achoppé sur le nombre de patients que nous serions censés recevoir, chaque heure, en échange des aides au recrutement d’un assistant médical. L’intention, de la part de l’assurance-maladie, est compréhensible. Il faut en effet améliorer la file active de patients dans les cabinets en dégageant davantage de temps médical pour les praticiens. Faut-il pour autant décréter, sur un mode fonctionnarisé, quel doit être le rythme horaire des consultations ? La médecine n’est pas une science exacte et la durée d’une consultation dépend de la situation particulière de chaque patient. D’autres discussions, comme celles sur les CPTS, illustrent plus largement les contraintes croissantes qui restreignent notre autonomie professionnelle. Vouloir conditionner une part de notre rémunération (forfaits, ROSP) à l’adhésion à une CPTS, c’est revenir à une conception de l’organisation des soins d’un autre âge : tous au garde-à-vous, au sein de structures imposées d’en haut, au risque de produire 1000 coquilles vides ! Mesdames et messieurs les autorités, vous devez comprendre que les médecins libéraux ont évolué. Nous voulons être des entrepreneurs de santé. Et, à ce titre, nous réclamons les moyens nécessaires pour nous organiser comme nous l’entendons. Nous revendiquons une responsabilité populationnelle dans la prise en charge des patients. Et nous sommes prêts à nous engager, sous la forme de contrats, sur des objectifs sanitaires concrets et utiles pour la population. C’est dans ce sens que les modalités de tarification doivent être réformées ».